Quand et pourquoi l'occupation d'un espace peut être une bonne tactique ?

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Cette page a été créée suite au cercle d'apprentissage sur le sujet, lors duquel des membres de groupes militants on partagé leurs apprentissages relatifs à ce moyen de pression.

Groupes présents

Certains groupes ont désiré garder leur anonymat.


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L’Écothèque est un collectif étudiant universitaire dont le but est de créer des projets coopératifs, participatifs, environnementaux, inclusifs et horizontaux en suivant les trois piliers du regroupement : l'éducation, l'art et l'action militante. En d'autres mots, l'idée est de créer un commun savoir accessible aux personnes étudiantes n’ayant pas nécessairement la possibilité de côtoyer ce type de contenus dû à l’unidirectionnalité de leurs programmes, entre autres.

Divest McGill
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est une campagne de justice environnementale qui lutte depuis 10 ans afin que l'Université McGill reconnaisse l'urgence de la crise climatique et retire ses investissements dans l'industrie des combustibles fossiles. C'est également un groupe de plus d'une centaine de personnes étudiantes qui ont, au fil des années, fait un énorme travail de recherche, d'éducation populaire et de mobilisation sur le sujet. 
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Le blocage de Fairy Creek constitue une action directe non-violente issue du terrain. Les personnes qui y participent luttent pour protéger des coupes forestières les 2,7% de forêt ancestrale restants en Colombie Britannique.

À partir d'août 2020, trente personnes défenderesses de la forêt venues de toute l'île du Sud, y compris des communautés voisines, se sont réunis pour mettre en place un barrage routier à mille mètres d'altitude sur la crête occidentale de Fairy Creek, en territoire Pacheedaht. Depuis, une communauté de jeunes autochtones, d'aînés et de personnes issues de la diversité de genre dirige le travail d'action directe à temps plein. Le blocus a reçu le soutien du futur chef héréditaire Victor Peter des Pacheedaht et de l'Union of British Columbia Chiefs (UBCIC).


Le blocage se fait sous la bannière #laststandforforforests à quatre emplacements principaux et plusieurs endroits spontanés.


Des raisons qui peuvent mener un groupe à organiser une occupation

Pourquoi occuper?


Pour répondre au besoin de construire une escalade de moyens de pression

  • L'occupation peut être une étape de l'escalade de moyens de pression. 
  • L'occupation peut être combinée à d'autres tactiques : la grève étudiante, la grève de la faim, l'affichage massif...
  • Dans certains cas, l'occupation peut être la première tactique choisie (ex.: à Fairy Creek, l'occupation a été la première tactique préconisée)



Pour démocratiser son milieu

Souvent, l'idée derrière une occupation est non seulement celle d'avancer des revendications sur un enjeu précis (ex.: désinvestissement d'une université des énergies fossiles), mais également de redéfinir où devrait se situer le pouvoir; devrait-il appartenir à l'administration de l'étblissement scolaire ou plutôt au corps étudiant qui décide d'en occuper un pavillon et d'instaurer une démocratie directe ? 

Comment tenir une occupation?

Choix du lieu

En choisissant son lieu, prendre en compte ses réalités et s'informer sur les implications de l'occupation de celui-ci.


  • Établissement scolaire :  la sécurité est présente dès de début de l'occupation.
  • Forêt : la présence policière n'est pas nécéssairement assurée dès le début de l'occupation.
Ex.: La police va faire des visites ponctuelles du site, mais va assurer une présence accrue et régulière si une injonction est déposée contre les personnes occupantes. Dans le cas où une injonction est déposée, la police va procéder à des arrestations et n'hésitera pas à utiliser la violence. ​​​​​​


Notre compilation d'information légale pourrait vous être utile à ce sujet (risques, accusations, droits, abus de pouvoir). Pour y naviguer, vous pouvez chercher des mots-clés relatifs à vos questions (en appuyant sur les touches Ctrl et F de votre clavier).


Les occupations de lieux privés ainsi que celles de lieux publics entraînent des réactions différentes de la part des autorités. Celles-ci sont aussi teintés par les réactions des propriétaires (domaine privé) et des municipalités (domaine public).


À noter : le fait de ne pas être dans un endroit qui a des toilettes et de l'eau courante (ex.: une forêt, un terrain vague) peut facilement décourager la tenue d'occupations.

Démocratie directe et fonctionnement

Penser aux prises de décision, aux tâches et au soin.


Assemblées

Plus souvent qu'autrement, une occupation sera rythmée d'assemblées populaires afin que le groupe prenne des décisions collectives concernant:

  • leurs revendications
  • les négociations avec l'adversaire
  • les rôles de différents comités
  • la nourriture
  • les activités qui auront lieu durant l'occupation
  • la durée de celle-ci, etc.


Chaque groupe choisit quelles décisions devront être prises en assemblée et quelles décisions seront prises de façon organique et autonome (ou par comité). Parfois, il est décidé que les décisions prises en assemblées ne pourront pas déroger de la constitution du groupe.


Exemple des décisions devant être prises en assemblée dans le cas de l'AFESPED
Information sur les assemblées à McGill (anglais)


Une assemblée comporte la plupart du temps : un ordre du jour, une animation, un secrétariat et des procédures permettant l'harmonie des échanges et les prises de décisions. Celles-ci peuvent être expliquées aux personnes participantes en début d'assemblée. Afin d'être légitime, une assemblée comporte parfois un quorum, c'est-à-dire un nombre de personnes minimal présentes afin que l'assemblée puisse débuter.


Composantes et procédures des assemblées de l'AFESPED


Comités

Le groupe occupant peut choisir de former des comités de travail. Voici quelques exemples de comités ainsi que leur rôle.

Comité soin Chargé de réfléchir à des pratiques favorisant le bien-être du groupe. Voir plus bas pour de plus amples ressources et réflexions sur le care en contexte d'occupation
Comité nourriture Chargé d'assurer l'approvisionnement en nourriture. Ce comité peut collaborer avec des groupes de dumpster-diving pour l'approvisionnement, trouver des bénévoles pour cuisiner des repas, etc.
Comité matériel Chargé de trouver du matériel (tables, tentes, tissu et cordes pour les bannières...) et d'en faire l'inventaire
Comité sécurité
Comité sécurité, chargé de trouver des processus pour assurer la sécurité des personnes participantes (conservation de l'anonymat, communication encryptée, ...)
  • S'assurer de toujours avoir sur place une personne responsable de la liaison avec la police (la communication avec celle-ci)
  • Développer une culture de la sécurité comprenant des modes de communication encryptés (Signal, Keybase, RiseUp, etc.) et des noms de code
  • Trouver une personne avocate disponible sur appel et distribuer son numéro aux personnes présentes
  • Offrir des ateliers sur l'information légale pertinente dans votre situation et effectuer une recherche correspondant à sa situation spécifique.


Les comités n'ont pas nécéssairement besoin d'avoir une personne qui coordonne.

Plusieurs groupes choisissent plutôt d'avoir 1-2 personnes par comité qui assurent que les tâches soient complétées dans les temps ( bottom-liners )


Pour le fonctionnement au niveau du soin, vous retrouverez plus de détails ci-bas.

Adaptation aux réalités des personnes

Calendrier d'activités
Une occupation, c'est aussi une occasion d'organiser des conférences, des ateliers, des projections et des formations. Le contenu et le moment de ces activités peuvent se décider en assemblée, mais le groupe peut également choisir d'organiser le calendrier de manière autonome et participative, de façon à ce que toute personne qui en a envie y organise une activité sur la plage horaire qui lui convient.


Espace d'étude

Cette pratique est recommandée pour les occupations dans les campus d'institutions scolaires où des personnes pourraient vouloir faire des travaux scolaires tout en supportant l'occupation.


Tableau de tâches 

Permet une meilleure transparence et inclusion des nouvelles personnes

Soutien de groupes alliés

Afin de maximiser la solidarité à l'occupation, contacter les groupes alliés (ou développer des relations de confiance avec de futurs groupes alliés).

  • Syndicat des professeurs
  • Syndicat des employés de soutien
  • Associations étudiantes 

Soin des personnes en contexte d'occupation

Prévoir des ressources face à la répression

  • Pour les personnes qui ont dû quitter l'occupation : cercle de soutien accessible en ligne
  • Pour les personnes qui se trouvent sur le site de l'occupation : aire de repos (où des massages sont offerts, par exemple)
  • Toujours garder en tête de communiquer avec notre cercle de camarades présent à l'occupation afin de vérifier si tout le monde va bien.


Vous pourriez par exemple noter l'information légale qui vous sera utile pour l'occupation et la rendre accessible.


Prévoir un processus de VACS - Violences à caractère sexuel

  • « Les violences à caractère sexuel (VACS) constituent toute forme de violence commise par le biais de pratiques sexuelles ou en ciblant la sexualité. Des gestes, des paroles, des comportements ou des attitudes à connotation sexuelle non désirés, exprimés directement ou indirectement, y compris par un moyen technologique, sont des VACS. » -Institut national de la recherche scientifique
  • Il est crucial de penser à une politique en matière de violences à caractère sexuelles et ce, même avant que l'occupation commence. Si votre groupe n'a pas présentement de politique claire, voici quelques exemples de politiques de VACS desquelles s'inspirer ainsi qu'une liste de ressources pour les personnes victimes de violences a caractère sexuel en français et en anglaisainsi que des ressources pour les personnes ayant perpétré ces violences sexuelles en français et en anglais.


Créer des espaces sécuritaires pour favoriser la critique et le partage de comportements problématiques

Le comité soin, par exemple, pourrait créer une boîte anonyme de ressenti/critique/commentaires dont le contenu pourrait ensuite être partagé en assemblée ou auprès de personnes ciblées. Le comité pourrait également décider d'offrir du soutien en personne afin d'être une oreille attentive aux personnes qui auraient besoin de partager quoi que ce soit de manière non-anonyme, sans nécéssairement être à l'aise de prendre parole devant toute une assemblée.


Faire attention à la minimisation de l'importance du travail de soin et à la tendance qu'ont plusieurs milieux militants de faire reposer le poids de ce travail sur les femmes, les personnes transféminines et/ou LGBTQIA2S+ et vivant d'autres oppressions n'étant pas vécues par le groupe majoritaire.


Prévoir du soutien psychologique

Une occupation peut être un moment de stress énorme où une lourde charge mentale peut peser chez des membres. Certains groupes aiment prévoir une personne-ressource externe acessibe à toutes les personnes participantes qui le souhaitent.

Obstacles à l'horizontalité

Négociations

Lorsque des négociations sont tenues avec un organe de pouvoir (administration d'un établissement scolaire ou d'une entreprise, gouvernement, etc.) il y a un danger que les membres de l'équipe de négociation accumulent plus d'informations, donc de pouvoir par-rapport au reste du groupe.


Comment réduire le risque que l'équipe de négociation accumule du pouvoir :

  • Vulgariser les informations sur l'enjeu à travers des documents de vulgarisation et des ateliers
  • Ouvrir les postes de négociation à tout le monde
  • Considérer l'équipe de négociation comme un simple canal de communication entre l'administration et l'assemblée; le rôle de l'équipe de négociation n'est pas de prendre de décision face à l'administration, mais bien de rapporter les décisions de l'assemblée.


Grande participation

Certaines occupations rassemblent une centaine de personnes, alors que d'autres en rassemblent des milliers. Dans le deuxième cas, il est plus difficile d'organiser des assemblées populaires qui rassemblent toutes les personnes membres.


Une méthode de prises de décision lorsque le nombre de personnes participantes est immense peut-être d'organiser des rencontres stratégiques en petit groupe ouvertes à toutes les personnes participantes. De cette manière, les personnes qui décident de passer moins de temps à l'occupation et ne pas prendre part aux décisions seront libres de le faire.


Lorsqu'applicable, il est bien entendu nécéssaire de suivre le leadership autochtone en lien avec l'occupation.


Témoignages

Témoignage d'une personne ayant vécu les occupations de sites de construction de centrales nucléaires avec Clamshell Alliance [1]

Succès
 [En critiquant les occupations menées par Clamshell Alliance, la personne propose ce qui aurait pu mesurer le succès d'une occupation]

Le succès d'une occupation serait mesuré par

1. Le fait de se rendre sur un site, y rester et bloquer la construction.

2. Le faire en démocratie directe et de façon communautaire où le confiance en soi et l'initiative sont renforcées chez les personnes participantes. Idéalement, l'idée d'une expropriation y serait avancée.


Témoignages recueillis lors du cercle de partage

Émergence de l'idée et préparation
 L'idée de l'occupation est arrivée dans un gros brainstorm. L'occupation était dans les possibilités, mais pas le but ultime. Une personne a proposé de faire une grève de la faim, qui était pour nous l'action la plus intense qu'on pouvait faire pour le désinvestissement de notre université. Quand on a vu que [autre université] faisait une occupation, on a décidé de mettre en place non seulement une grève de la faim mais également une occupation pour soutenir les grévistes de la faim. Celle-ci a été organisée, au niveau de la logistique et de la nourriture, à l'intérieur d'une semaine ou deux.
Réappropriation d'une zone industrielle
 On organise sur une ancienne zone industrielle abandonnée où ne s'est pas organisée d'occupation en bonne et due forme, mais on travaille à la fréquenter et se la ré-approprier. Il y a également toujours eu des campements de personnes en situation d'itinérance qui se sont multipliés durant la pandémie. Il y a eu de belles collaborations entre les personnes qui venaient nettoyer le terrain mais qui n'y habitaient pas, et celles qui y vivaient dans des tentes/petites roulottes). Ensuite, la police est intervenue et il y a eu une reprise des travaux. C'est là que le groupe a fait des pétitions, manifestations, d'autres actions artistiques et familiale, des blocages contre la reprise des travaux. C'est difficile parce que tout le monde (municipal, provincial, fédérale) se lance la balle et se dégage de la responsabilité de ce terrain-là.
Escalade des moyens de pression
 L'occupation a été la première étape. Il n'y a pas eu d'escalade des moyens de pression, malgré qu'il y ait eu des manifestations, des actions et des pétitions en support à l'occupation. 
Démocratisation de l'espace
Plusieurs narratif sur la raison pour laquelle notre groupe a fait une occupation existent et forment des intersections. Une des raisons est que notre groupe existe depuis une dizaine d'années. Dans les dernières années, nous avons fait des occupations, mais également de la pression interne avec la direction ainsi que de l'éducation du corps étudiant. Rapidement cette année, l'idée de « démocratiser » notre université est devenue de plus en plus intéressante, et notre occupation s'inscrivait dans ce désir de démocratisation. Nous voulions ouvrir l'espace de'occupation, le rendre participative, et prendre des décisions collectivement dans des assemblées populaires.
Interaction avec la police en forêt
Pendant environ 8 mois, des personnes ont occupé la forêt sans représailles - la seule présence policière était la visite de la police aux deux semaines. Pas d'électricité ni d'eau courante. Latrines, chauffage au gaz et au feu de camp. Ensuite, la compagnie d'exploitation forestière a déposé une injonction. C'est à ce moment que la police est arrivée, est les arrestations étaient quotidiennes. Un support pour personnes arrêtées a été mis en place. Les personnes pouvaient passer plusieurs heures, voire plusieurs jours dans des structures de ciment ou des arbres destinées à retarder leur arrestation.
Déroulement dans une université

 Dans le contexte d'une université en particulier, on a pris d'assaut le Hall d'entrée en moins d'une heure. On y a entré tout notre matériel le plus rapidement possible, en le sortant de nos autos qui s'étaient stationnées devant l'entrée. On a installé nos tentes en s'assurant de pouvoir être confortable. Le quotidien était rythmé par nos rencontres avec le rectorat et la sécurité ; à chaque fois qu'on devait prendre une décision et rencontrer la sécurité / rectorat, on tenait une assemblée populaire. On a également organisé une foule d'activités et de conférences. Ces activités se tenaient en même temps que deux personnes ont fait une grève de la faim. 

Soutien
Beaucoup d'associations étudiantes en grève durant l'occupation ; donc beaucoup de personnes étaient disponibles pour assurer une présence sur les lieux. Contact avec les associations étudiantes et le syndicat des professeurs était fait au préalable pour qu'ils se positionnement pour le désinvestissement des énergies fossiles. 


Au quotidien
Différents groupes de travail - comité care, comité nourriture, comité matériel, comité sécurité. Personnes ne prenait le « lead », simplement des « bottom-liners» pour s'assurer que les tâches étaient faites. Nous n'avons pas eu de réponse intense de la part de la sécurité ou la direction. Nous avions également mis en place un espace d'étude. Nous avions des assemblées populaires quotidiennes ainsi qu'un tableau de tâches à se séparer. C'était une bonne façon d'inclure les nouvelles personnes et avoir un fonctionnement transparent. Certains jours étaient très chargés avec des ateliers, mais même lorsque les jours étaient plus libres, trouver des moments de réunion plus formelle était difficile. De plus, on ne connaissait pas tout le monde : comment avoir confiance en les personnes qui se joignent à l'espace ? Comment on rend accessible les discussions plus difficiles (ex.: escalade de moyens de pressions) aux personnes nouvelles ?
Techniques de dissuasion
Le premier jour, la sécurité a prévenu les personnes occupantes du danger d'incendie de rester dans l'espace durant la nuit. Un autre incident a été qu'un employé a mis une alarme pour déranger les personnes occupantes pendant environ une heure. C'était pas mal les deux incidents liés à la sécurité.
Négociations et horizontalité
Plus l'occupation a avancé, plus c'était difficile de garder l'horizontalité. Les personnes qui allaient négocier avec l'administration étaient bien entendu celles qui étaient davantage au courant de l'avancée des négociations. Même si ces personnes raportaient les négociations à l'assemblée, certaines informations ne pouvaient pas être entièrement divulguées. Quand on est en position de négocier, il faut être honnête à la fois envers l'assemblée ainsi qu'avec l'administration. Le rôle de l'équipe de négociation n'est pas de prendre de décision face à l'administration, mais bien de rapporter les décisions de l'assemblée. Ce n'était pas si pire pour des négociations d'une semaine, mais on ignore si l'horizontalité aurait tenu si les négociations s'étaient étirées dans le temps. Pour former l'équipe de négociation, on a ouvert les postes. Par contre, dès que ça tombait dans des technicalités (finances, indicateurs carbone...) c'était plus difficile d'inclure tout le monde. C'est même difficile à vulgariser aux personnes qui participent  à l'occupation (mais qui ne sont pas dans l'équipe de négo). Autre aspect important : l'administration avait de la difficulté à comprendre le principe d'horizontalité du groupe. Iels pensaient que certaines personnes qui prenait plus de leadership étaient les porte-parole du mouvement, alors qu'iels ne l'étaient pas. Cela mettait une charge mentale supplémentaire à ces personnes.
Dynamiques de pouvoir
 On essaie d'éviter que les personnes qui sont présentes à l'occupation depuis plus longtemps aient plus d'influence et de pouvoir, mais cela est dfficile à empêcher complètement. Quand on a commencé à avoir un quartier général, ainsi que 2000-3000 personnes à l'occupation, c'etait encore plus difficile de garder notre horizontalité. Pour s'organiser, on faisait donc des rencontres stratégiques en petit groupe. Toustes pouvaient s'y joindre, sans obligation. Difficile d'intégrer des personnes qui sont présentes pour 2-3 jours dans la prise de décision. On suivait également la parole des aîné-es autochtones sur place.
Intégrer le soin face à la répression policière

 On a fait beaucoup d'erreurs. Il y a tellement de personnes qui se sont jointes à nous que c'était difficile de garder le fil. On avait une liste de support pour arrestations. On avait un cercle de support accessible en ligne pour les personnes qui avaient quitté le site. Pour celles qui se trouvaient sur le site, on avait établi un camp « Rest and relaxation » où étaient invités les personnes qui désiraient prendre une pause. Massages. Certaines personnes sont sorties de l'occupation avec des traumatismes liés à la police. C'est important de communiquer avec notre cercle d'ami-es qui étaient présentes à l'occupation.
Soin au quotidien
La question du care n'a pas été notre force, entre autres parce que l'occupation a été réalisée à la dernière minute. Il y avait un espace dans les assemblées pour donner des commentaires, critiques et suggérer des améliorations. On avait des personnes gardiennes du senti sur place qui pouvaient être rencontrées en privé si on ne voulait pas en parler en grand groupe. De plus, ça nous a pris 2-3 jours avant de réaliser qu'on n'avait pas de processus pour les VACS. On avait une personne-ressource extérieure pour les problèmes psychologiques. Très stressant, beaucoup de charge mentale. On a fait un debriefing après la fin de loccupation pour discuter librement entre autres des questions de care. 
Assurer la sécurité de certaines personnes
Plusieurs jeunes personnes autochtones avaient été arrêtées quelques semaines avant : donc le mot d'ordre de cette occpupation était vraiment de se garder en sécurité et d'avoir le plus de personnes possibles pour garder les jeunes personnes autochtones en sécurité. Nous avons utilisé un outil de messagerie de masse (pour diffuser par exemple une invitation a venir à l'occupation en renfort à cause de suprémacistes blancs qui pouvaient être là). Nos liaisons police étaient blanches et colonisatrices pour s'assurer que les personnes autochtones et racisées n'interagissent pas avec la police. Tout au long de notre occupation, nous avons aussi réalisé l'importance des chansons et de la célébration et l'organisation de soirées de projection de film.



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